L’ami hollandais

J’ai un ami hollandais qui n’a pas la langue dans sa poche quand il s’agit des choses françaises.
C’est ainsi qu’il pense que l’aversion de Zemmour pour les femmes vient de sa petite bite. Je ne suis pas du tout d’accord, beaucoup de mâles à petite queue aiment les femmes et en sont aimés.
Par contre je juge que les vedettes Zemmour et Onfray sont deux pustules sur le beau visage de l’intelligence française que je comparerais volontiers à celui d’une koré antique.
A part Juppé et quelques autres, on oublie que la France est faite pour être heureuse comme en témoigne le vieil adage allemand : « Wie Gott in Frankreich », « Comme Dieu en France », que l’on traduit avec élégance : « Comme un coq en pâte ».
Il semblerait que notre société soit déboussolée en profondeur, anxieuse, envieuse, frustrée, irritée… Elle est accro, voire addict, tellement elle est moderne, connectée, de façon très inégalitaire… Le triomphe du virtuel fait penser à tort que le réel est accessible. Si on ne l’obtient pas, on attaque le « système »… La révolution technique en cours produit peu d’emplois…Il y a un grand malaise dans les classes moyennes elles-mêmes, celles qui font traditionnellement l’opinion dans notre pays…
je ne parle même pas des classes populaires, ouvriers et paysans…
A son habitude le royaume de France compte autant de sujets de mécontentement que de sujets…
Une immigration en partie mal contrôlée devient le bouc-émissaire du malaise… Ce n’est pas nouveau, c’est toujours aussi grave.

Notre fille à la crèche

Je portais notre fille unique, Anne, à la crèche. On l’y appelait « Chaton ». Un jour elle a éclaté d’un rire gargantuesque en voyant ses petits camarades./
Elle ne marchait toujours pas, se débrouillait à quatre pattes pendant les vacances d’été. De retour à la crèche elle marchait le soir même./
Dans mon programme présidentiel, que j’ai à titre personnel, je mets en avant les crèches de même que la dépénalisation du cannabis qui atténuerait fortement les trafics dans certaines banlieues et donnerait du travail à notre formidable réseau de buralistes./
Autre point particulier, le coeur des villes. Certains de ces « coeurs » dépérissent, abandonnés par leurs commerces./
Des questions particulières ne forment pas un programme général.
Les lecteurs intéressés peuvent m’interroger sur Facebook.

P.S. : Une foule de problèmes se posent. Ne citons que l’habitat social; le droit de mourir dans la dignité, etc…, la suppression des élevages en batterie, la protection des espèces sauvages en voie de disparition, par exemple dans les jardins zoologiques, etc…

Le général et moi

Il peut paraitre prétentieux de parler du général ( de Gaulle ) et moi. C’est oublier que des millions de Français sont dans mon cas, surtout à mon âge.
J’avais 6 ans quand Paris fut libéré par des Français portant l’uniforme américain. Il fut acquis pour moi que le général de Gaulle était bien le chef de la Résistance basée à Londres. Je ne comprenais pas bien ce que Maurice Thorez avait fait à Moscou.
En 1958 ma mère m’a raconté que dans mon sommeil j’avais dit : « De Gaulle, non ! »
En 1965 je me suis rallié à la politique extérieure du Général ainsi qu’à ses institutions. Je prenais ainsi le contrepied de l’auteur du « Coup d’Etat permanent », François Mitterrand.
Pendant cette période heureuse, j’étais l’adversaire du Général sur le plan économique et social et surtout celui de quelques valeurs profondes, que je pensais révolutionnaires, dans le même temps que je l’estimais et même l’admirais.
Les copains algériens, je vivais à Alger, étaient extraordinairement gaullistes.
En 1968 j’ai été partisan de la « chienlit » de mai.
En 1970 j’ai pleuré à la mort du Général.

A.B.I. XVIII

J’ai publié deux autres articles dans « l’Homme et la Société » peu de temps après la publication de mon livre en 1971. J’en ai publié quelques autres dont je ne me souviens pas sauf un, avant 68, dans la Revue algérienne ( de la faculté de droit d’Alger ) qui présentait pour la première fois l’Algérie pré-coloniale comme une formation économico-sociale complexe avec beaucoup de « communautaire ».
Le premier, dans « l’Homme et la Société », se voulait le début d’une série qui n’a jamais eu lieu, faute de dialogue, même non-socratique. Il s’intitulait : « Sur les modes de production : l’idéologie ».
Pour moi le dialogue socratique est le dialogue idéal entre partenaires de bonne foi, qui se respectent.
L’article exhumait essentiellement l’oeuvre de Franz Jakubowsky : « Les superstructures idéologiques dans la conception matérialiste de l’histoire », qu’il a publiée en 1935 à l’âge de vingt-trois ans pour ensuite totalement négliger ce genre d’activité intellectuelle. Sa traduction, due au sympathique J.M.Brohm, est de 1971.
J’en concluais que l’idéologie n’est bien que fausse conscience, étant acquis que même fausse la conscience contient du vrai…
Je gardais l’idée que le socialisme doit abattre les quatre piliers des sociétés de classes : l’Etat, la famille, l’idéologie, la marchandise, c’est à dire l’Etat tout-puissant, la famille bourgeoise, l’idéologie mensongère, la marchandise comme seule règle…
Le second article intitulé « Socialisme ou capitalisme d’Etat » marquait que dans ce mode de production la forme d’exploitation est la même que dans le capitalisme classique et que la plus-value est centralisée.
Je pensais que le véritable capitalisme d’Etat exige un très haut niveau des forces productives et que les classes antagonistes sont les technocrates et les techniciens. il peut dons avoir des aspects positifs.
A ce compte là le capitalisme d’Etat est peut-être toujours un risque à notre avenir.

T.W.R. 91

Le précédent T.W.R. a été publié le 5/10 / 2016

Cahoteux ou chaotique
Notre chemin ?
Les petits cailloux
Les tendres épines
Ensanglantent nos pieds nus
Sublime et héroïque
L’autre route
Multiplie les exploits
Et les dommages
Surtout les collatéraux
Quelle voie choisis-tu
Ou plutôt est choisie
Pour toi ?
Cahoteux
Ou chaotique
Ton chemin ?

P..S. : Et les chemins sableux, boueux, malaisés ?

LEG 9

Ce LEG est un commentaire et un prolongement du précédent A.B.I.
Je montrais la spécificité des sociétés occidentales par rapport à l’Union Soviétique, au monde communiste si impressionnant à l’époque.
Le capitalisme repose sur l’opposition de deux classes sociales, la bourgeoisie et le prolétariat, mais offre des libertés de pensée, d’expression, d’entreprise…
Ce travail continuait celui effectué sur l’opposition entre les sociétés « asiatiques » et les sociétés « occidentales ».
Abordons maintenait un point nouveau et fondamental. Karl Marx n’est pas le théoricien du socialisme dont il n’a qu’une idée très vague. Il est le théoricien du capitalisme après Smith et Ricardo.
Il est souvent très proche de ces auteurs éminents, fondateurs de l’économie politique, par exemple sur la rente foncière.
Je n’avais abordé le problème de la rente, sans la citer, que par l’exemple d’un talent exceptionnel qu’on ne peut ramener à la moyenne.
La question de la rente peut être généralisée. Nombreuses sont les situations où un revenu exceptionnel, la rente, apparait faute que se réalise la moyenne idéale, l’égalité des situations à laquelle prétend la logique de la marchandise, c’est à dire la logique ultime de la concurrence parfaite : tous égaux sur le marché !
Chez Smith et Ricardo le profit apparait en définitive exceptionnel. La logique égalitaire du marché, de la concurrence le fait disparaitre. En fait le profit est une rente, une rente conjoncturelle !
Nous avons donné dans notre A.B.I. XVII l’exemple de l’entrepreneur rejoint par d’autres.
Chez Marx nous trouvons la « baisse tendancielle du taux de profit ». C’est le même phénomène que celui décrit par Smith et Ricardo.
Pour qu’il y ait profit le capitalisme a besoin d’innover, par conquête de nouveaux marchés et surtout par innovations techniques. il se procure ainsi des rentes différentielles.
Le capitalisme est contraint à une perpétuelle fuite en avant, de crise en crise. C’est ainsi qu’il a conquis le monde.
Les théories classiques du capitalisme sont des théories de l’équilibre alors que le mode de production capitaliste est en perpétuel déséquilibre.
L’analyse du profit comme rente n’enlève rien à celle de Marx sur le profit comme plus-value.

A.B.I. XVII

Dans le mode de production capitaliste le travailleur vend sa force de travail sur le marché à un propriétaire à titre privé des moyens de production. Sa force de travail est une marchandise dont le prix est fixé par la quantité de travail incorporée dans cette marchandise, c’est à dire les biens divers, nourriture, logement, habillement, etc… nécessaires à la survie du travailleur, à la reproduction de sa force de travail…
Le capitaliste achète la « force de travail » à sa valeur marchande, mais ce qu’il utilise, c’est le « travail », le travail effectué par le travailleur, dont la valeur ( marchande ) est en principe supérieure, d’où la plus-value qui se traduit en profit.
Nous devons ce résumé à Karl Marx. Quelles que soient nos opinions « idéologiques », Marx a probablement raison.
Poussé à sa logique extrême la marchandise généralisée est un comble d' »aliénation ».
Imaginons un entrepreneur qui propose avec succès un nouveau produit sur le marché. Il se fait un joli bénéfice. Mais d’autres entrepreneurs proposent le même produit. Le profit fond à vue d’oeil.
Je simplifiais tout à l’extrême, ce qui paradoxalement montrait déjà la complexité des problèmes. Je montrais même que les exceptions apparentes à la valeur-travail confirment celle-ci. Par exemple les insuffisances structurelles de l’offre par rapport à la demande, phénomène qui brise la logique universelle de la marchandise, de l’économie marchande. Par exemple un talent exceptionnel qu’on ne peut ramener à aucune moyenne.
Pour connaitre la valeur ( marchande ) et ainsi rendre peut-être possible le socialisme, je prévoyais la nécessité d’un « immense réseau d’ordinateurs ».
J’étudiais l’impérialisme premier qui se développe aux dépens des anciens modes de production, puis l’impérialisme contemporain du capitalisme monopoliste sous lequel nous vivons toujours, l’archéo-impérialisme et le néo-impérialisme.
je parlais même de « sur-exploitation du travail complexe », c’est-à-dire du travail hautement qualifié qui peut être bien payé, mais beaucoup moins que la valeur qu’il ajoute.
Je jugeais que le capitalisme d’Etat guettait les sociétés contemporaines. Heureusement cette prédiction ne s’est pas vérifiée. L’Union Soviétique, capitale du capitalisme d’Etat, a disparu vingt ans après la publication de mon livre. Je ne suis pas doué pour prévoir l’avenir.
Je me livrais à bien d’autres considérations, les unes toujours d’actualité, les autres datées. Je vous épargne les tableaux et les équations.
J’ai souvent été félicité pour l’érudition que je montrais dans « Pour l’Histoire », jamais pour les batailles conceptuelles que j’y livrais.
J’analysais le capitalisme d’Etat, mais j’en faisais surtout un mythe répulsif.

Leg 8

On m’appelle le coq du village et j’en suis fier Je jure par le manteau bleu de la Vierge Marie que je suis paysan et content de l’être C’est nous notre confrérie qui avons offert à la mère du Christ son vitrail et son manteau dans la nouvelle et toute blanche église du village Bien sûr nous ne pensons pas qu’elle était vierge Nous sommes trop près de la nature et des animaux A nous tous nous avons une vingtaine de vaches qui nous donne le lait dont nous avons besoin C’est le troupeau communal qui pait sur les terres communales Je suis propriétaire d’une trentaine d’arpents de bonne terre J’y sème du blé Nous avons aussi bien besoin de pain Mon arrière grand-père était serf Mon père a tout racheté Nous avons une belle basse-cour le renard y vient quelquefois Il ne reste plus grand chose des droits du seigneur Aujourd’hui c’est un godelureau dont les petites mains sont blanches Moi Jacques Bonhomme avec mes grosses mains calleuses je le respecte parce que son père est mort à la croisade Moi debout au fond de l’église je me fiche qu’il se prélasse sur le banc familial au devant de la nef Moi je suis un riche vilain un laboureur qui fait tout de ses mains

A.B.I. XVI

La féodalité « féodaliste » est la classe dominante du mode de production « féodaliste ». Les nobles, les seigneurs étaient les entrepreneurs à titre privé de la coercition extra-économique. ils prélevaient leur rente en travail, en nature, plus tard en argent. Le travailleur n’est pas séparé des moyens de production.
A un certain moment la ville « libre » a commencé d’urbaniser la campagne.
Dans tous ces processus complexes un mode de production a de fortes chances de passer inaperçu. C’est le mode de production des petits producteurs ( M.3.P. ). Il consiste dans des travailleurs qui sont propriétaires à titre individuel de leurs moyens de production, paysans et artisans. Il était par exemple présent sous l’esclavagisme. il est sorti renforcé de la révolution française.
Je terminais ce chapitre en citant Lénine : ‘Le socialisme est impossible sans la démocratie »
Je voudrais donner un exemple d’application du concept de M.3.P. : l’histoire du Québec !

Mes résumés du chapitre de mon livre couvrent deux petits articles A.B.I. alors que le chapitre représente trente pages ! il est normal que les résumés oublient des phénomènes importants. Par exemple un début de comparaison entre les révolutions d’Angleterre et de France…
A noter que dans ces petits résumés je donne parfois une définition qui peut être importante comme celle de l’Etat dans A.B.I. XV

Leg 7

Je ne suis pas malheureux Je suis esclave certes mais le maitre me permet de faire des affaires Je suis en quelque sorte un esclave banquier Eh oui ! J’ai un collègue, presque un ami Lui, il est un esclave pédagogue Il est de plus en plus apprécié Je pense être affranchi dans une dizaine d’années Le maitre vient de recevoir une petite esclave sexuelle Elle est très mignonne et gentille J’aimerais bien la racheter Vous l’avez compris mon sort n’a rien à voir avec celui des pauvres bougres enchainés dans les mines avec un an à vivre Je suis un esclave de luxe Je fais la fierté de notre maitre On raconte qu’il y a une révolte d’esclaves dans une ile lointaine Je n’y crois pas Nous les esclaves nous ne demandons pas mieux que d’avoir des esclaves Je pense même que l’esclavage est nécessaire à une société civilisée Simplement il vaut mieux ne pas l’être, esclave, ou alors se débrouiller comme moi Etre fils d’esclave c’est être esclave par nature comme le pense notre grand Aristote Je parle bien sûr sous la protection de notre chère déesse Minerve et de la nouvelle venue Cybèle

On aura compris que la série LEG complète de façon imagée la série ABI. Elle en est en quelque sorte la légende