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    Jusqu’au bout du chemin

    Jusqu’au bout du chemin

    Ni ton regard

    N’a perdu sa lumière

    Ni ton visage

    N’a perdu sa fleur


    Jusqu’au bout du chemin

    Ni ton pain

    N’a perdu son sel

    Ni ton eau

    N’a perdu son miel


    Tu t’en es allée

    Et ceux et celles

    Qui sont restés

    Se sont plantés

    Dans l’ombre sous

    Un rayon de ciel sombre


    Attendant que le vent

    Leur apporte un signe

    Des grands lointains

    Désormais impénétrables


    Ainsi font les chagrins

    Ainsi fait la perte

    Des êtres de valeur

    Chers et inoubliables

    Maria Zaki (Inédit, 2019).

    Reflets argentés sur le lac

    Ni vent ni vagues

    Ni sable ni rochers

    L’écume est montée

    Dans les nuages


    L’oreille perçoit

    Les pas du temps

    Tels des murmures

    Étouffés dans l’eau


    Et l’œil voit

    Les reflets argentés

    Sur le lac comme

    Un signe d’espoir

    Dans une fresque

    Inachevée


    Maria Zaki (Inédit, 2019).

    Promeneurs du soir

    L’oreille perçoit les pas

    Des promeneurs du soir

    Mais nul ne les voit


    De l’intérieur du jardin

    Portes closes

    Surgissent

    De faibles voix


    De temps en temps

    Un mot plus frivole

    Que les autres

    Ou un rire heureux

    S’élève ivre

    En ses formes premières


    Les esprits des murs

    Les fantômes des cadenas

    Ne peuvent rien ajouter

    Ni retrancher

    A de telles heures


    Maria Zaki (Extrait de “Le chant de l’aimance”, 2018).

    L’appel du large

    Tu attends

    Que le dernier

    Rayon de soleil

    Se couche


    Que l’océan répande

    Sous tes yeux sa vie

    Dans la fosse noire

    Des cieux


    L’appel du large

    Résonne très fort

    Dans ta tête


    Ni l’ascension des sommets

    Ni la traversée des déserts

    Ne le remplacent

    Dans tes désirs d’ailleurs


    Maria Zaki, Inédit 2019.

    Sur le passage de mon désert

    Tu as jailli

    Sur le passage

    De mon désert

    Pour que je revienne

    Vivante du puits


    Pour que tombent

    Mes chaînes

    Et mes cadenas

    Sur le sable

    Sans faire de bruit


    Et que cesse ma peur

    Des chaleurs enragées

    Faisant trembler les êtres

    De soif et de céphalées

    Maria Zaki (Extrait de “Le chant de l’aimance”, 2018)

    Comme une fleur fragile / Come un fragile fiore

    Comme une fleur fragile

    Sans jamais rechigner

    S’acquitte de son devoir

    Essentiel d’exister

    L’homme observe le ciel

    Au-dessus de la ville

    Sans même s’interroger


    Il n’a de cesse

    Et sans savoir pourquoi

    De survivre aux pleurs

    Aux peines et aux joies

    À la course du temps

    Qu’il ne maîtrise pas


    Face à la condition humaine

    L’on n’a que la présence en soi

    De l’espoir de réaliser

    Quelque chose de bien

    Et le bonheur éphémère

    Qui en découle parfois


    Essayer de ne pas être

    Comme une fausse fleur

    En plastique ou en papier

    Suffira peut-être

    **************************

    Come un fragile fiore

    Senza mai fare storie

    Svolge il suo compito

    Essenziale di esistere

    L’uomo osserva il cielo

    Sopra la città

    Senza nemmeno interrogarsi


    Non si dà tregua

    E senza sapere perché

    Di sopravvivere alle lacrime

    Alle pene e alle gioie

    Alla corsa del tempo

    Che non riesce a controllare


    Di fronte alla condizione umana

    Si ha solo la presenza in sé

    Della speranza di realizzare

    Qualcosa di buono

    E l’effimera felicità

    Che a volte ne scaturisce


    Tentare di non essere

    Come un finto fiore

    Di plastica o di carta

    Basterà forse

    Maria Zaki et Jacques Herman, Traduction de Mario Selvaggio, Extrait du nouveau recueil ” Les signes de l’absence Poésie entrecroisée / I segni dell’assenza Intrecci poetici”, AGA éditrice-L’Harmattan, décembre 2018.

    Inachevée

    Si un jour

    Une loi de partage

    Rythme notre souffle

    Mis en commun

    Je tâcherai de me rappeler

    Que notre pensée

    Ne vivra

    Qu’inachevée

    Maria Zaki (Extrait de “Le chant de l’aimance”, 2018)

    Consacré aux roses

    Dans l’espace

    Consacré aux roses

    Tous les parfums

    Partageables

    Se mettent en résonance


    Malgré les épines

    Aucune plainte

    Ne s’élève

    Vers les cieux


    Une hospitalité

    De terre et de ciel

    Se met en jeu


    Un soleil inattendu

    En pleine nuit

    Inonde les lieux

    Maria Zaki (Extrait de “Le chant de l’aimance”, 2018)

    Montagnes lointaines / Montagne lontane

    Prends cette paire de ciseaux

    Et découpe dans le ciel

    Les lignes courbes et brisées

    Des montagnes lointaines


    Ouvre bien les yeux

    Ne te laisse pas distraire

    Il faut toujours

    Mûrement réfléchir

    Avant le premier

    Coup de ciseaux


    Accroche-toi à tes pinceaux

    Revêts d’habits en tons bleutés

    Tous ces reliefs tourmentés

    Qui semblent si loin de nos plaines


    La peinture n’importe ici

    Que comme captation de signes

    Ou de fragments de vie

    Que nous sommes

    Condamnés à manquer


    Mais que ton art nous donne aussi

    La perception des chants d’oiseaux

    Du bruit du vent dans les branchages

    Que les anges du Très-Haut

    Fassent rempart à nos délires

    Et qu’en nous le son de leurs lyres

    Puissent résonner de nouveau

    **************************

    Prendi questo paio di forbici

    E ritaglia nel cielo

    Le linee curve e frastagliate

    Delle montagne lontane


    Apri bene gli occhi

    Non lasciarti distrarre

    Bisogna sempre

    Riflettere a fondo

    Prima del primo

    Colpo di forbici


    Aggrappati ai tuoi pennelli

    Rivesti con abiti azzurrognoli

    Tutti quei rilievi tormentati

    Che sembrano così lontani dalle nostre pianure


    La pittura qui

    Non è altro che captazione di segni

    O di frammenti di vita

    Che noi siamo

    Condannati a mancare


    Ma che la tua arte c’infonda anche

    La percezione dei canti di uccelli

    Del fruscio del vento tra i rami

    Che gli angeli dell’Altissimo

    Facciano scudo ai nostri deliri

    E che in noi il suono delle loro lire

    Possa nuovamente risuonare

    Maria Zaki et Jacques Herman, Traduction de Mario Selvaggio, Extrait du nouveau recueil ” Les signes de l’absence Poésie entrecroisée / I segni dell’assenza Intrecci poetici”, AGA éditrice-L’Harmattan, décembre 2018.

    Prolonger le regard / Prolungare lo sguardo

    Éclaircir ce qui fut

    Sans lumière

    Et consentir au large

    L’appel ouvert

    Des signes


    L’enjeu se devine

    Dans le tressaillement

    Des sens égarés

    Dans l’insoutenable

    Vaguement soutenu


    Prolonger le regard

    Pour achever la mer

    Laisser parler le vent

    Au sable sous le ciel nu


    Marmonner des chants anciens

    Des mélodies au fil des ans

    Devenues improbables

    Regarder en arrière

    Reléguant au vestiaire

    Le passé aussi bien

    Que l’éternel présent


    Faire de ce jour demain

    Comme un défi au temps

    ***************************

    Schiarire ciò che fu

    Senza luce

    E consentire al largo

    L’appello aperto

    Dei segni


    La posta in gioco si scorge

    Nei tremiti

    Dei sensi smarriti

    Nell’insostenibile

    Vagamente sostenuto


    Prolungare lo sguardo

    Per oltrepassare il mare

    Lasciar parlare il vento

    Alla sabbia sotto il cielo nudo


    Mormorare antichi canti

    Melodie nel corso degli anni

    Divenute improbabili

    Guardare indietro

    Relegando nel dimenticatoio

    Il passato così come

    L’eterno presente


    Fare di questo giorno domani

    Come una sfida al tempo

    Maria Zaki et Jacques Herman, Traduction de Mario Selvaggio, Extrait du nouveau recueil ” Les signes de l’absence Poésie entrecroisée / I segni dell’assenza Intrecci poetici”, AGA éditrice-L’Harmattan, décembre 2018.