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    L’heure de la floraison

    Quand le temps

    Et l’espace

    Dans un même souffle

    Profèrent

    L’heure de la floraison

    Tu n’en doutes pas


    Lors du réciproque aveu

    Ton esprit recouvre

    Ses meilleurs atours

    Dans une alliance

    Sans détour


    Puis de saison en saison

    De siècle en siècle

    Tu conserves les traces

    De ton aimance

    Qui n’existe pas

    En tant que telle


    Quand ton âme

    Mûrira-t-elle

    Comme un fruit

    Que le destin

    Portera en offrande

    Aux lèvres de l’univers ?

    Maria Zaki (Inédit, 2017).

    En étreinte de mots

    Image : Dessin de Maria Zaki

    Dessin de Maria Zaki

    Loin de l’envers

    Déchaîné du silence

    Où toutes les voix

    Se mêlent et se ressemblent

    Ils se rencontrent


    Le cœur débridé au vent

    En étreinte de mots

    Transcendant

    Leurs propres limites

    Et déclinant l’art de l’alliance

    Sous toutes ses nuances


    Du rouge au vert

    Le mouvement et la quête

    Du jaune au bleu

    L’inspiration et le geste

    Sans s’approprier

    Ni les choses ni les êtres

    Maria Zaki (Inédit, 2017).

    Ô prunelle, t’en souviens-tu ?

    Ô prunelle, t’en souviens-tu ?

    Quand tu étais perdue

    Au-delà du présent

    Quand la paupière

    Tremblait sur le qui-vive

    Et la poussière ricanait

    Au tournant des cils


    Ô prunelle, t’en souviens-tu ?

    Quand tu contemplais

    En silence et sans témoin

    Les traces de l’éternel

    C’était à la frontière

    Entre l’invisible et l’entrevu

    Le manifeste et le disparu


    Ô prunelle, t’en souviens-tu ?

    Je sais que tu es fatiguée

    De tout ce que tu as vu

    À ne plus savoir

    De quelles larmes couler

    Entre le meilleur et le pire

    Ni quelle ligne du cœur suivre

    Mais le regard demeure à vivre


    Maria Zaki (Sillages, 2014).

    Dans les bras du silence

    Dans les bras du silence

    Un bras tendre

    Et un bras de fer

    Elle s’est assoupie


    Une main a ouvert

    La boite bleue

    De ses rêves avant

    La tombée de la nuit


    Ces rêves se couvrant

    De couleurs éphémères

    Protègent son âme

    De ce qui semble acquis

    Maria Zaki (Inédit, 2017).

    La science éclaire l’homme

    Considérer tout comme faux

    Là commence le vrai

    C’est en forme d’interrogation

    Qu’on pose la première objectivité


    La science éclaire l’homme

    Et l’arrache à l’obscur qui l’exalte

    Elle le mène à tester et à contester

    Ses limites et ses possibilités


    Alors chacun de ses pas

    Devient le premier

    Pour déjouer les pièges

    Qui réclament son retour

    Aux illusions personnelles

    Ou aux délires en comité


    Nous disons ce que nous disons

    Pour que l’ignorance

    N’ait pas le dernier mot

    Pour qu’apparence et croyance

    Ne l’emportent pas sur la vérité

    Maria Zaki (Inédit, 2017).

    Danser dans le noir

    Danser dans le noir

    En vieille habituée

    Peu avant l’aube

    Bien avant la délivrance


    Risquer quelques pas

    Entre deux peurs

    En gestes repères

    Pour baliser le ciel

    Quand les étoiles

    Jouent l’indifférence


    Puis suivre un rayon

    De lumière

    Fragile et incertain

    Sur le courant

    Bleuté de la terre

    Sans perdre la cadence

    Maria Zaki (Inédit, 2017).

    Quand les montagnes

    Quand les montagnes

    Deviennent fluides

    Nage

    Dans leurs vagues

    Jusqu’à moi


    Respire très fort

    Avec l’envie

    De suivre le mouvement

    Sur le versant invisible

    De l’existence


    Celui où l’imaginaire

    Se plaît

    Mais que le réel

    N’effraie pas


    Reprends-toi

    Avant que les vagues

    Ne se refigent

    En montagnes


    Mesure ton émoi

    Incarné par les signes

    Et demeure-moi

    D’une aimance commune

    Maria Zaki (Inédit, 2017).

    Une goutte d’eau (قطرة من الماء)

    Entre la marjolaine

    Et le jasmin

    Les lis et les iris

    Le petit ruisseau

    Poursuit son chemin


    De son léger murmure

    Tout le monde se moque

    Personne n’en a cure


    Et pourtant

    Presque à contre-courant

    Sa petite musique

    Vient défier le temps

    Sans cesse elle indique

    Aux âmes de panser

    Les plaies de l’époque


    Il n’est jamais trop tard

    Il n’est jamais trop tôt

    Quand bien écouter

    Le chant du ruisseau

    Ne nous porte qu’à boire

    Une seule goutte d’eau

    ما بين السمسق

    والياسمين

    والزنبق والسوسن

    يواصل الغدير

    طريقه


    الكل يسخرون

    من حفيفه الخافت

    ولا يبالون


    لكن أنغامه البسيطة

    تتحدى الحين

    وتحفز النفوس دوماً

    على معالجة

    جروح الزمان


    لم يفت الأوان

    ولسنا نستبق الأجل

    لتذوق موجات غنائه
    إذا نحن شربنا من مائه
    قطرة واحدة

    Extrait de “Hormis le silence, Poésie entrecroisée ” de Maria Zaki et Jacques Herman, L’Harmattan, 2017.

    Hormis le silence (ما عدا الصمت)

    Pour entendre l’infini

    Chaque être

    Vit à son rythme

    Ou vif ou alangui


    Si les sons étaient fiables

    Et les mots immuables

    Le monde se viderait

    De son mystère


    L’oreille comme l’aile

    De l’oiseau vient à se tendre

    Elle ne perçoit pour bruit

    Qu’un murmure du vent

    Tout ce que l’on veut prendre

    Depuis longtemps est pris


    Si la montagne parlait

    Elle ne saurait guère

    Ce qu’elle devrait

    Dire ou taire


    La parole est un mur

    De sable qui s’altère

    Et rien sur cette terre

    Jamais ne perdure

    Hormis le silence


    للاستماع للامحدود

    كل كائن

    يعيش على وتيرته

    بحيوية أو بتراخ


    لو صدقت كل الأصوات

    ولو ثبتت كل الكلمات

    لفرغ العالم

    من كل أسراره


    أذن الطائر تتمدد

    مثل جناحه

    لكنها لا تسمع

    إلا همس الريح

    كل ما نريد إدراكه

    قد أدرك من زمان


    لو كان الجبل ينطق

    لما علم ما يجب

    أن يعلن أو أن يكن


    الكلام جدار

    من رمل ينهار

    ولا شيء على هذه الأرض

    يدوم أبدا

    ما عدا الصمت

    Extrait de “Hormis le silence, Poésie entrecroisée ” de Maria Zaki et Jacques Herman, L’Harmattan, 2017.

    Ne passez pas (لا تمروا)

    Ne passez pas sous les voûtes fragiles

    Des jours à venir que votre esprit dessine

    Et qui jamais ne verront le jour

    Fruits lamentables de cogitations

    Ou de désirs imbéciles


    C’est au présent que l’on sème

    Les graines du chemin

    Qui s’étirera jusqu’aux confins

    De vos lendemains

    Et à tout moment

    Peut se jouer autrement

    La partition du temps qui ne fait

    Que tromper votre fin


    Mais fixez vos regards

    Sombres et tremblotants

    Sur la zone bleu pâle qui sépare la ville

    Des champs qui s’étendent

    Jusques à l’horizon

    Et comptez vos heures à rebours


    Puis reposez-vous sans gémir

    Sur votre cœur blessé

    Et sans chercher

    Dans le crépuscule

    Des reliques de gloire

    De grandeur

    Et de fortune


    Enfin fermez les yeux

    Et croisez-vous les bras

    Puis dans un court silence

    Tentez d’implorer Dieu

    Et laissez votre science

    Mourir sans fracas

    Comme une bougie

    S’éteint à petit feu


    لا تمروا تحث الأقبية الهشة

    للأيام المقبلة

    التي ترسمها لكم نفوسكم

    والتي لن تتحقق أبدا

    فهي ليست إلا خزعبلات

    أو رغبات غبية


    اليوم نزرع البذور

    على الطريق

    الذي يمتد نحو تخوم الغد

    لكن معزوفة الزمن الآتي

    قد يخالف إيقاعها ما نرسمه

    لمشهد الختام


    ثبتوا نظراتكم المكتئبة المرتجفة

    نحو الفضاء الأزرق الشاحب

    الفاصل بين المدينة

    والحقول الممتدة للأفق

    وارجعوا بعقارب الساعة

    إلى الوراء


    ثم استريحوا

    ولا تنوحوا

    على قلب جريح

    ولا تبحثوا في الغروب

    ساعة الشفق

    بين الأطلال

    عما كان من مجد

    وعظمة وثراء


    وأخيراً أغمضوا عيونكم

    وارفعوا أيديكم

    ثم في صمت قصير

    توسلوا إلى الله

    ودعوا علمكم يموت

    بدون ضجيج

    مثل الشمعة التي

    تنطفئ ببطء

    Extrait de “Hormis le silence, Poésie entrecroisée ” de Maria Zaki et Jacques Herman, L’Harmattan, 2017.