août 2017
L Ma Me J V S D
« juil    
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
28293031  
Commentaires récents
    Catégories

    La science éclaire l’homme

    Considérer tout comme faux

    Là commence le vrai

    C’est en forme d’interrogation

    Qu’on pose la première objectivité


    La science éclaire l’homme

    Et l’arrache à l’obscur qui l’exalte

    Elle le mène à tester et à contester

    Ses limites et ses possibilités


    Alors chacun de ses pas

    Devient le premier

    Pour déjouer les pièges

    Qui réclament son retour

    Aux illusions personnelles

    Ou aux délires en comité


    Nous disons ce que nous disons

    Pour que l’ignorance

    N’ait pas le dernier mot

    Pour qu’apparence et croyance

    Ne l’emportent pas sur la vérité

    Maria Zaki (Inédit, 2017).

    Sur un banc vert

    Dans la paume du jardin

    Après une averse

    Un filet d’eau converse

    Sur un banc vert

    Avec une feuille tombée

    D’un vieux marronnier


    L’un : Bonjour !

    L’autre : Salut !

    L’un : D’où viens-tu ?

    L’autre : De là-haut, et toi ?

    L’un : D’encore plus haut !


    L’un et l’autre d’une vibration unique : Aïe !


    Un vulgaire

    Mouchoir de papier

    Vient sécher l’un

    Et pousser l’autre

    Dans le même élan

    Par terre

    Maria Zaki (Inédit, 2017).

    Danser dans le noir

    Danser dans le noir

    En vieille habituée

    Peu avant l’aube

    Bien avant la délivrance


    Risquer quelques pas

    Entre deux peurs

    En gestes repères

    Pour baliser le ciel

    Quand les étoiles

    Jouent l’indifférence


    Puis suivre un rayon

    De lumière

    Fragile et incertain

    Sur le courant

    Bleuté de la terre

    Sans perdre la cadence

    Maria Zaki (Inédit, 2017).

    Quand les montagnes

    Quand les montagnes

    Deviennent fluides

    Nage

    Dans leurs vagues

    Jusqu’à moi


    Respire très fort

    Avec l’envie

    De suivre le mouvement

    Sur le versant invisible

    De l’existence


    Celui où l’imaginaire

    Se plaît

    Mais que le réel

    N’effraie pas


    Reprends-toi

    Avant que les vagues

    Ne se refigent

    En montagnes


    Mesure ton émoi

    Incarné par les signes

    Et demeure-moi

    D’une aimance commune

    Maria Zaki (Inédit, 2017).

    Une goutte d’eau (قطرة من الماء)

    Entre la marjolaine

    Et le jasmin

    Les lis et les iris

    Le petit ruisseau

    Poursuit son chemin


    De son léger murmure

    Tout le monde se moque

    Personne n’en a cure


    Et pourtant

    Presque à contre-courant

    Sa petite musique

    Vient défier le temps

    Sans cesse elle indique

    Aux âmes de panser

    Les plaies de l’époque


    Il n’est jamais trop tard

    Il n’est jamais trop tôt

    Quand bien écouter

    Le chant du ruisseau

    Ne nous porte qu’à boire

    Une seule goutte d’eau

    ما بين السمسق

    والياسمين

    والزنبق والسوسن

    يواصل الغدير

    طريقه


    الكل يسخرون

    من حفيفه الخافت

    ولا يبالون


    لكن أنغامه البسيطة

    تتحدى الحين

    وتحفز النفوس دوماً

    على معالجة

    جروح الزمان


    لم يفت الأوان

    ولسنا نستبق الأجل

    لتذوق موجات غنائه
    إذا نحن شربنا من مائه
    قطرة واحدة

    Extrait de “Hormis le silence, Poésie entrecroisée ” de Maria Zaki et Jacques Herman, L’Harmattan, 2017.

    Hormis le silence (ما عدا الصمت)

    Pour entendre l’infini

    Chaque être

    Vit à son rythme

    Ou vif ou alangui


    Si les sons étaient fiables

    Et les mots immuables

    Le monde se viderait

    De son mystère


    L’oreille comme l’aile

    De l’oiseau vient à se tendre

    Elle ne perçoit pour bruit

    Qu’un murmure du vent

    Tout ce que l’on veut prendre

    Depuis longtemps est pris


    Si la montagne parlait

    Elle ne saurait guère

    Ce qu’elle devrait

    Dire ou taire


    La parole est un mur

    De sable qui s’altère

    Et rien sur cette terre

    Jamais ne perdure

    Hormis le silence


    للاستماع للامحدود

    كل كائن

    يعيش على وتيرته

    بحيوية أو بتراخ


    لو صدقت كل الأصوات

    ولو ثبتت كل الكلمات

    لفرغ العالم

    من كل أسراره


    أذن الطائر تتمدد

    مثل جناحه

    لكنها لا تسمع

    إلا همس الريح

    كل ما نريد إدراكه

    قد أدرك من زمان


    لو كان الجبل ينطق

    لما علم ما يجب

    أن يعلن أو أن يكن


    الكلام جدار

    من رمل ينهار

    ولا شيء على هذه الأرض

    يدوم أبدا

    ما عدا الصمت

    Extrait de “Hormis le silence, Poésie entrecroisée ” de Maria Zaki et Jacques Herman, L’Harmattan, 2017.

    Ne passez pas (لا تمروا)

    Ne passez pas sous les voûtes fragiles

    Des jours à venir que votre esprit dessine

    Et qui jamais ne verront le jour

    Fruits lamentables de cogitations

    Ou de désirs imbéciles


    C’est au présent que l’on sème

    Les graines du chemin

    Qui s’étirera jusqu’aux confins

    De vos lendemains

    Et à tout moment

    Peut se jouer autrement

    La partition du temps qui ne fait

    Que tromper votre fin


    Mais fixez vos regards

    Sombres et tremblotants

    Sur la zone bleu pâle qui sépare la ville

    Des champs qui s’étendent

    Jusques à l’horizon

    Et comptez vos heures à rebours


    Puis reposez-vous sans gémir

    Sur votre cœur blessé

    Et sans chercher

    Dans le crépuscule

    Des reliques de gloire

    De grandeur

    Et de fortune


    Enfin fermez les yeux

    Et croisez-vous les bras

    Puis dans un court silence

    Tentez d’implorer Dieu

    Et laissez votre science

    Mourir sans fracas

    Comme une bougie

    S’éteint à petit feu


    لا تمروا تحث الأقبية الهشة

    للأيام المقبلة

    التي ترسمها لكم نفوسكم

    والتي لن تتحقق أبدا

    فهي ليست إلا خزعبلات

    أو رغبات غبية


    اليوم نزرع البذور

    على الطريق

    الذي يمتد نحو تخوم الغد

    لكن معزوفة الزمن الآتي

    قد يخالف إيقاعها ما نرسمه

    لمشهد الختام


    ثبتوا نظراتكم المكتئبة المرتجفة

    نحو الفضاء الأزرق الشاحب

    الفاصل بين المدينة

    والحقول الممتدة للأفق

    وارجعوا بعقارب الساعة

    إلى الوراء


    ثم استريحوا

    ولا تنوحوا

    على قلب جريح

    ولا تبحثوا في الغروب

    ساعة الشفق

    بين الأطلال

    عما كان من مجد

    وعظمة وثراء


    وأخيراً أغمضوا عيونكم

    وارفعوا أيديكم

    ثم في صمت قصير

    توسلوا إلى الله

    ودعوا علمكم يموت

    بدون ضجيج

    مثل الشمعة التي

    تنطفئ ببطء

    Extrait de “Hormis le silence, Poésie entrecroisée ” de Maria Zaki et Jacques Herman, L’Harmattan, 2017.

    Des rivages lointains (من الشواطئ النائية)

    Des rivages lointains

    Accourent des étoiles

    De sable qui demain

    Entre nos mains

    Tremblantes

    Mal assurées

    D’autres diront fragiles

    Se pétriront comme l’argile

    Sous les doigts du potier


    Certains manient

    Le feu, l’eau et la terre

    D’autres font danser

    La couleur et la lumière

    Chacun selon son souffle

    Selon sa part de mystère


    Nous en ferons des fleurs

    Des dragons ou des anges

    Des êtres animés

    Soumis à nos humeurs

    Ou des choses immobiles

    À jamais figées


    Sans négliger leur effet

    Sur la fougue intérieure

    Ne dit-on pas

    Que c’est l’œuvre

    Qui choisit son concepteur


    من الشواطئ النائية

    تتوافد نجوم الرمل

    التي غدا

    بين أيدينا

    المرتعشة

    المترددة

    الهشة كما يقول الاخرون

    سوف تشكلها كالصلصال

    أصابع صانع الفخار


    البعض يستخدم

    النار والماء والتراب

    والبعض الاخر يراقص

    موجات الضوء والألوان

    كل حسب إلهامه

    وما ملكت بصيرته

    من سر الوجود


    لنجعل منها زهورا

    أو نرسم  تنينا أو ملائكة

    دُمى نحركها

    وفق أهوائنا

    أو أشياء بلا حركة

    جامدة إلى الأبد


    فضلاً عن وقع ذلك كله

    في نفوسنا

    فالمثل الحكيم يقول

    إن العمل المبتكر هو الذي

    يختار مبدعه

    Extrait du nouveau recueil de poèmes “Hormis le silence, Poésie entrecroisée coécrit avec Jacques Herman qui vient de paraître chez L’Harmattan, Collection Le Scribe Cosmopolite, Poésie bilingue (français-arabe).

    Chaque poème se compose à la fois de mes vers et de ceux de Jacques Herman, les premiers en caractères romains, les seconds, en italiques.

    Le sentier de lumière

    Le sentier de lumière

    Paraît toujours un peu

    Irrité qu’on le traite

    De chemin lumineux

    Car rien ne brille dans

    Ses grains de poussière


    Les avis ayant court

    Sur sa nature

    Ont trompé du monde

    Pour peu qu’on confonde

    L’apparence

    Et l’essence des choses


    Le sentier n’est pas rien

    Mais il n’est qu’un moyen

    De conduire jusqu’au but

    L’ombre des pèlerins

    Qui l’ont parcouru


    Il n’apparaît qu’à ceux

    Dont les pas le foulent

    Pour gagner la Source

    Le cœur épris

    Et le corps nu

    Extrait de “Un tout autre versant ” Poésie entrecroisée de Maria Zaki et Jacques Herman, L’Harmattan, 2016.

    Parle-moi (حدثني)

    Parle-moi d’océan

    Quand je regarde

    La ligne de l’horizon

    Se noyer dans la brume


    Parle-moi d’oasis

    Et combien plus

    En absence d’eau

    Au seuil de nos dunes


    Parle-moi de l’amour

    Qui allume nos couleurs

    Sans éteindre

    L’éclat de la lune


    Nous voici

    Tous les deux

    Disposition à l’écoute

    Et besoin d’écouter


    Ensemble sous

    Un ciel silencieux

    Nous apprenons

    La patience du berger


    حدثني عن المحيط

    حينما أرى خط الأفق

    يغرق في الضباب

     

    حدثني عن الواحة

    أكثر من أي وقت آخر

    حينما تغيب المياه

    عن عتبة كثباننا

     

    حدثني عن الحب

    الذي يبهج ألواننا

    دون أن يوقف سطوع القمر

     

    ها نحن معا

    في تأهبٍ للإصغاء

    بحاجة للاستماع

     

    ها نحن معا

    تحت صمت السماء

    نتعلم صبر الرعاة

    Maria Zaki , Le chemin vers l’autre (الطريق الى الآخر ), L’Harmattan, 2014.