Une bouée / العوامة

Comment remonter

A la surface

Des mers de sa solitude ?


Comment désensabler

Son corps de naufragé

De ses habitudes ?


Peut-être

En jetant une bouée

Vers l’autre


Le chemin vers autrui

Empêche de sombrer

Dans ce qui n’a pas de fond

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كيف نطفوا

على سطح

بحار عزلتنا ؟


كيف نزيل

الرمال العالقة بالجسد

لننقذه من الغرق في عاداته ؟


ربما برمي عوامة النجاة

نحو إنسان آخر لإنقاذه


الطريق الى الآخر

يحمي من الوقوع

في هاوية ليس لها قرار

Maria Zaki (Extrait du recueil « Le chemin vers l’autre »/ « الطريق الى الآخر « ), Le Scribe-L’Harmattan, 2014.

Le poète tombe vers le haut/ Il poeta cade verso l’alto

Sous des vents terribles

Secouant la terre

Et arrachant les arbres

Le poète tombe

Abandonné et trahi

Par ses propres jambes


Privé de tout appui

Connu ou reconnu

Tremblant de doute

Et de questionnement

Avant de consentir

À reconnaître

Ce qui n’a jamais

Cessé d’être

Il tombe d’essoufflement


D’un seul mouvement

La lumière revient

La perspective se recrée

D’elle-même

Et le poète incrédule

Prend de la hauteur


Dès qu’il reprend

Ses esprits il entend

S’élever dans les airs

Ces quelques mots :

Le poète tombe vers le haut

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In balìa di venti terribili

Che scuotono la terra

E sradicano gli alberi

Il poeta cade

Abbandonato e tradito

Dalle sue stesse gambe


Privato di ogni appoggio

Conosciuto o riconosciuto

In preda al dubbio

E all’interrogativo

Prima di acconsentire

A riconoscere

Ciò che non ha mai

Cessato di essere

Cade sfinito


Con un solo movimento

Torna la luce

La prospettiva si ricrea

Da se stessa

E il poeta incredulo

Prende quota


Non appena riprende

I sensi sente

Salire in aria

Queste parole:

Il poeta cade verso l’alto

Maria Zaki, Traduction de Mario Selvaggio, Extrait de “AU DÉDALE DE L’ÂME/ NEL LABIRINTO DELL’ANIMA“, Edizioni AGA-L’Harmattan, 2021.

Au plus intime de soi/ Nella parte più intima di se stessi

Face à tout ce qui accable

Et éprouve le présent

Mêler l’inactuel

À l’actuel

N’a rien de reprochable


Dans la nuit du langage

S’obstiner à errer

De rivage en rivage

Tendre son poème

Vers la lumière

Y être sans y être


Et au fond du gouffre

Se réinventer

Imposant l’élévation

Au plus intime de soi
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Di fronte a tutto ciò che sovrasta

E mette alla prova il presente

Mescolare l’inattuale

All’attuale

Non ha nulla di reprensibile


Nella notte del linguaggio

Ostinarsi a vagare

Di riva in riva

Dirigere il poema

Verso la luce

Esserci senza esserci


E in fondo all’abisso

Reinventarsi

Imponendo l’elevazione

Nella parte più intima di se stessi

Maria Zaki, Traduction de Mario Selvaggio, Extrait du nouveau recueil « AU DÉDALE DE L’ÂME/ NEL LABIRINTO DELL’ANIMA« , Edizioni AGA-L’Harmattan, 31 mars 2021.

Les muses

Plus haut que

La mémoire des mortels

Les muses

Chantent et dansent

Sur terre

Et dans le ciel


Souvent de nuit

Leur finesse d’esprit

Ouvre furtivement

Une petite porte

De l’infini


Du bout des doigts

On touche

L’harmonie cosmique

Sans comprendre

Ni ce qu’on entend

Ni ce qu’on voit


Et lorsque l’aube

Se pointe

Elles retournent

Au royaume des ombres

En pressant le pas

Maria Zaki (Inédit, 2021).

Incapable de se déprendre

Incapable de se déprendre

Complètement du monde

Le poète continue à écrire

Non pas par tentation

D’ajouter des mots

Aux mots


Mais pour continuer

La sortie de soi

Vers le divers humain


Alors il erre parfois

Se trompe de chemin

Mais ne baisse

Jamais les bras

Maria Zaki (Inédit, 2021).

Riez à vous tordre

Vous qui jusqu’ici

Ne saviez rien

Des plaisanteries

Ou pas grand-chose

Ouvrez la porte

De votre esprit

Que l’humour éclose !


Après tant de larmes

Qui vous ont purifié

Le corps et le cœur

Et vous ont permis

De partager la douleur

Des âmes brisées

Votre part de rires

Ne tardera pas

A se réaliser


Dans cette mer de folie

Et sa marée d’inepties

Lâcher prise est de mise


Laissez-vous aller

Une pointe d’ironie

Dans le gosier


Riez à vous tordre

A vous plier

Vous gagnerez

A être moins sérieux


Débarrassez-vous

De vos lorgnettes illusoires

Il n’y a qu’à vos yeux

Que ce monde est méritoire


Maria Zaki (Inédit, 2021).

Que faut-il arracher au péril ?

Que faut-il arracher au péril

Avec courage et ardeur

Ce qui te tient à cœur

Ou ce qui tient ton cœur

Dans sa poigne ?


Ce que tu défendras

Comme un rare trésor

Sache qu’il te faudra

Le protéger d’abord

De tes propres illusions

Abris et périls ne sont

Que des visions

Maria Zaki (Inédit, 2020)

Femme artiste

Tu déposes ici et là

Ton empreinte

Pour cacher l’horreur

Et panser les blessures

Du fond marin dévasté


Tu n’as ni pouvoir

Ni autorité

Juste des couleurs

Du ton froid

Au ton chaud

Attestant de ton idéal

La singularité

Et ton goût

Pour la beauté


Femme artiste

Grâce à toi

L’art embrasse l’océan

Et épouse le mouvement

Ondoyant de la sensibilité

Maria Zaki (Inédit, 2020).

Toute une forêt

Des algues écorchées

Reprennent vie

Entre ordre

Et liberté


Elles prennent l’allure

D’arbres nus

Sans se détourner

De leur vérité


Leur essence

Se retrouve

Dans les plis et les nœuds

D’une nouvelle destinée


Des mains féminines

Les ont sublimées

En engendrant

Toute une forêt

Maria Zaki (Inédit, 2020).

Des visages verts

Entre des fils d’ombre

Et de lumière

Un peu de vie

Se mêle au silence


Pour que des algues

Gorgées d’eau de mer

Connaissent

La renaissance


Sur la toile de l’artiste

Des visages verts

Les vagues

Plein les yeux


Vous observent

Et vous transmettent

Le souffle qui les porte

En temps et lieu

Maria Zaki (Inédit, 2020).